PER 2026 : les 3 évolutions fiscales à connaître !
- guilhemdetrie
- il y a 2 jours
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Le Plan d’Épargne Retraite (PER) conserve en 2026 un avantage majeur : il permet toujours de déduire ses versements de son revenu imposable… mais dans un cadre qui évolue sensiblement.
Et cette année, les changements ne sont pas anecdotiques. Trois évolutions fiscales sont intervenues :
la fin de la déduction fiscale après 70 ans,
l’allongement du report du plafond non utilisé de 3 à 5 ans,
et la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %
Le PER reste un excellent outil patrimonial.
En 2026 il devient plus que jamais un outil à manier avec méthode afin d'identifier quand verser, combien verser, et quand et comment récupérer son argent.

1. Après 70 ans, les versements sur un PER ne sont plus déductibles
C’est la mesure la plus structurante de la réforme 2026.
Jusqu’ici, il était possible de continuer à alimenter un PER après 70 ans tout en conservant l’avantage fiscal à l’entrée, sous réserve de disposer d’un plafond disponible.
Depuis le 1er janvier 2026, ce n’est plus le cas.
Les versements volontaires effectués sur un PER après 70 ans restent autorisés, mais ils ne sont plus déductibles du revenu imposable.
Autrement dit :
vous pouvez toujours verser,
vous pouvez toujours capitaliser,
mais vous ne pouvez plus utiliser le PER comme outil de déduction fiscale après 70 ans.
C’est une évolution majeure, notamment pour :
les chefs d’entreprise encore en activité,
les professions libérales,
les contribuables en cumul emploi-retraite,
ou les foyers fortement fiscalisés qui utilisaient le PER tardivement comme levier d’optimisation.
Le message du législateur est clair : le PER doit redevenir un outil de préparation de la retraite, et non un outil d’optimisation fiscale tardive.
En pratique, cela change surtout une chose :les versements significatifs sur un PER devront désormais être anticipés avant 70 ans.
2. Le plafond PER non utilisé devient reportable pendant 5 ans
C'est une mesure discrète de la réforme et qui est pourtant très utile.
Jusqu’en 2025, lorsqu’un épargnant n’utilisait pas l’intégralité de son disponible fiscal PER, il pouvait reporter ce reliquat pendant 3 ans.
À compter de 2026, ce délai passe à 5 ans !
La réforme est, sans effet rétroactif : les versements de 2025 et les plafonds antérieurs à 2026 restent soumis à l’ancienne règle, avec un report possible seulement jusqu’en 2028 pour le plafond de 2025.
Le nouveau dispositif ne devrait ainsi être pleinement mobilisé qu’à partir de 2031, lorsque les plafonds générés en 2026 pourront avoir été conservés sur l’intégralité de la nouvelle durée de report.

C’est un changement très utile pour les contribuables dont les revenus varient dans le temps :
indépendants,
dirigeants,
professions libérales,
chefs d’entreprise,
contribuables avec revenus exceptionnels.
Le PER devient ainsi plus souple à piloter avec un horizon étendu à 5 ans.
Autre point d'attention, les reports sont à utiliser avec tactique notamment quand vos revenus sont très variables avec des évolutions de TMI isolées sur certaines années.
Il sera opportun de vous rapprocher de votre conseiller pour avoir une action optimisée fiscalement.
3. Les prélèvements sociaux passent à 18,6 % sur la restitution du PER
La LFSS a validé une hausse du taux de la CSG sur les revenus du patrimoine et les produits de placement ==> Art. 12 LFSS 2026.
La contribution sociale généralisée (CSG) est due sur les revenus d’activité (salaire, revenus des indépendants, etc.) et de remplacement (indemnités de chômage, pensions de retraite, etc.) ainsi que sur les revenus du capital, comprenant les revenus du patrimoine et les produits de placement; cela concerne donc les revenus issus du PER.
Pour les revenus du patrimoine et les produits de placement, l’article L136-8 du code de la sécurité sociale (CSS) distingue désormais deux taux de CSG : un taux de droit commun de 10,6 % et un taux dérogatoire de 9,2 % applicable à certains revenus du patrimoine et produits de placement, limitativement énumérés.
Le taux de la CSG applicable aux revenus concernés est majoré de 1,4 point, passant de 9,2 % à 10,6 %.
Cette évolution entraîne mécaniquement une augmentation du taux global des prélèvements sociaux, désormais fixé à 18,6 %9, contre 17,2 % antérieurement.
S’agissant des revenus soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), le cumul des impositions et prélèvements sociaux applicables est porté de 30 % à 31,4%.
En cas d’option pour l’imposition au barème progressif de l’impôt sur le revenu, la fraction de CSG déductible du revenu global reste fixée à 6,8 %.
Le PER n’étant pas directement visé dans la liste des exceptions, le taux de CSG de droit commun de 10,6 % doit être appliqué :
Aux produits correspondant aux prestations du PER versées sous forme de capital à l’échéance du plan, à l’exception de la fraction issue des versements obligatoires lorsque la rente est inférieure à 110 €/mois, ou lors des différentes hypothèses de déblocage anticipé perçus à compter du 1er janvier 202635 ;
Aux rentes viagères à l’exception de la fraction issue des versements obligatoires, laquelle est soumise à la CSG applicable aux revenus de remplacement, selon les modalités suivantes :
A compter de 2026, sur la fraction de la rente issue de versements ayant donné lieu à déduction fiscale « à l'entrée » ;
A compter de 2025, dans les autres cas.
Pour les anciens et PERP et contrats MADELIN
Les rentes viagères et les sorties en capital ne sont pas concernées par la réforme en raison de l’application de la CSG dans les conditions et aux taux applicables aux revenus de remplacement.
Quatre situations peuvent être envisagées en fonction du revenu fiscal de référence de l’adhérent :
Exonération de CSG, CRDS et Casa ;
Assujettissement à la CSG au taux de 3,8 % (dit « taux réduit ») et CRDS (0,5%) ;
Assujettissement au taux de 6,6 % (dit « taux médian ») dont 4,2% sont déductibles et CRDS (0,5%) et Casa (0,3%) ;
Assujettissement au taux de 8,3 % (dit « taux normal ») dont 5,9% sont déductibles du montant imposable et CRDS (0,5%) et Casa (0,3%).
Faut-il encore utiliser un PER en 2026 ?
Oui. Sans hésitation.
En 2026, le PER reste un excellent outil si vous cherchez à :
réduire une pression fiscale élevée,
lisser votre fiscalité dans le temps,
préparer votre retraite avec méthode,
organiser une sortie cohérente
intégrer une PER dans une démarche de transmission
==> Vous vous posez des questions sur votre PER, n’hésitez pas à me contacter



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